Le personnel soignant et l'hygiène des mains en réanimation : une analyse sociologique

TitreLe personnel soignant et l'hygiène des mains en réanimation : une analyse sociologique
Type de publicationCommunication
TypeCommunication sans actes dans un congrès
Année2010
Date du colloque2-4/06/2010
Titre du colloqueProgramme définitif et livre des résumés
Pagination64
AuteurEveillard, Matthieu , Desfontaines, Hélène, Moulevrier, P., Bruna, Tiphaine, Kouatchet, Achille, Dubé, Laurent, Poiroux, Laurent, Dabin, Evelyne, Mercat, Alain, Joly-Guillou, Marie-Laure
PaysFrance
EditeurSociété française d'hygiène hospitalière
VilleBordeaux
Résumé en français

Introduction/objectif du travail :
Depuis quelques années, l’intérêt de l’analyse du comportement du personnel hospitalier vis-à-vis de règles d’hygiène des mains (HM) a été beaucoup étudié, ce qui a permis de mieux comprendre l’échec ou le caractère transitoire du succès de nombreux programmes d’amélioration de son observance. Cependant, peu d’études de ce type ont été réalisées en France. Notre objectif était d’étudier les aspects sociologiques des pratiques d’HM en réanimation.

Matériel et Méthodes :
L’étude a été réalisée par l'Institut de Psychologie et de Sociologie Appliquées de l'Université Catholique de l'Ouest (UCO, Angers), en collaboration avec l'équipe opérationnelle d'hygiène et deux services de réanimation du CHU d'Angers. Elle a comporté une phase d'observation participante menée par une étudiante en sociologie (Master-1), infirmière (IDE) de formation initiale, et une phase d'entretiens semi directifs réalisés par deux enseignants chercheurs de l'UCO.

Résultats :
Une constatation importante a été l'existence d'un conflit pour les soignants entre la règle ontextualisée telle qu'elle est pratiquée avec l'influence
des antériorités du service, de la socialisation par les pairs (périodes de doublage) ou des situations d'urgence d'une part, et la règle institutionnalisée (recommandations) telle qu'elle est définie par les experts et transmise par les IDE hygiénistes. Les professionnels de l'hygiène et les soignants ont souvent une conception différente des soins : les premiers les décomposent en séquences de plusieurs tâches avec un acte d'HM à pratiquer entre chacune d'elles, alors que les seconds perçoivent un soin comme un tout, et effacent mentalement certaines interruptions pour assurer l'enchaînement des tâches. Il est apparu que d'après les entretiens, l'"asepsie" était la règle absolue pour les IDE, constituant un "plus" par rapport à l'"hygiène". Ainsi, une pratique comme l'HM ne serait "que" de l'hygiène par rapport à d'autres pratiques
considérées comme garantes de l'"asepsie", ce qui pourrait constituer un facteur de mauvaise observance de l'HM. Enfin, il a été observé le fréquent ressenti d'un risque plus important de contamination du patient vers le soignant que du soignant vers un autre patient, ce qui génère des comportements auto protecteurs.

Conclusion :
Il paraît important que dans leurs relations avec les soignants, les professionnels de l'hygiène hospitalière aient conscience que le non suivi des règles d'hygiène ne doit pas être interprété comme un dysfonctionnement ou un acte non rationnel, mais qu'il correspond à l'application d'autres logiques d'action à caractère prioritaire pour les soignants.

URL de la noticehttp://okina.univ-angers.fr/publications/ua11346
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