En quoi les erreurs commises par les enfants sourds munis d'un implant cochléaire dans une tâche de mémorisation à court terme nous renseignent-elles sur le fonctionnement de leur mémoire de travail ?

DocumentFichier
Fichier pdf chargé le 03/05/2017 à 15:46:17
Accès libre
(version auteur)
fichier
TitreEn quoi les erreurs commises par les enfants sourds munis d'un implant cochléaire dans une tâche de mémorisation à court terme nous renseignent-elles sur le fonctionnement de leur mémoire de travail ?
Type de publicationCommunication
TypeCommunication sans actes dans un congrès
Année2015
LangueFrançais
Date du colloque28-29/05/2015
Titre du colloqueDe la connaissance à la scolarisation des élèves à besoins particuliers : bilans et perspectives. 8ème colloque du RIPSYDEVE
AuteurPouyat-Houée, Stéphanie , Gaux, Christine , Weil-Barais, Annick
PaysFrance
VilleAmiens
Résumé en français

L’objectif de cette étude est de mieux comprendre les particularités de la mémorisation à court terme des enfants sourds munis d’un implant cochléaire (IC) dans la suite des travaux de Pisoni et al.(2000, 2001, 2006). La connaissance des contextes les plus favorables à la mémorisation à court terme de l’information verbale chez ces enfants est cruciale pour l’apprentissage de l’écrit à l’école et pour une meilleure compréhension de leurs difficultés. En effet, même dans les cas d’implantation précoce, il s’avère que les informations données par la lecture labiale et les clés de la LPC (c’est-à-dire avec l’apport visuel de la Langue Parlée Complétée) améliorent la perception de la parole parce qu’elles fournissent un complément phonétique au signal appauvri délivré par l’implant (Leybeart & Colin, 2007). Dans l’étude présentée, est comparée la mémorisation d’informations de nature linguistique (verbale) et de nature visuo spatiale (caractéristique de la LPC). Par ailleurs est évalué l’effet de l’ajout de la présence simultanée de la LPC à ces informations. L’analyse des résultats porte sur les erreurs de rappel d’items (omissions, intrusions) et d’ordre (nombre d’items de la liste rappelés dans des positions sérielles incorrectes). En effet, selon Majerus & al. (2010) la distinction entre contenu et ordre de l’item est importante pour mieux comprendre la nature des processus sous-jacents aux tâches de mémoire à court terme verbale.

Le matériel à mémoriser a été présenté à 14 enfants sourds profonds munis d’un IC et 14 enfants entendants d’âge comparable. Les enfants devaient mémoriser des séries d’images représentant un objet ou des séries d’emplacements de points dans une grille pour un rappel immédiat dans l’ordre, dans quatre conditions différentes : images ou points seuls, images ou points avec du son (dénomination de l’objet ou des emplacements), images ou points avec du son et de la LPC (c’est-à-dire avec l’apport visuel de la langue parlée complétée) et son avec la LPC. Dans ces tâches d’empan, les items présentés et leur ordre doivent être maintenus. Les erreurs «items» sont des indicateurs des difficultés liées aux connaissances langagières alors que les erreurs de position sérielle renseignent sur les difficultés liées au traitement séquentiel.

Les analyses de variance réalisées sur chacune des modalités montrent que l’effet du groupe est significatif en modalité verbale mais pas en modalité visuo-spatiale : le nombre d’erreurs est plus élevé chez les enfants sourds que chez les enfants entendants en modalité verbale. De même, l’effet du type d’erreur est significatif en modalité verbale mais pas en modalité visuo-spatiale : les erreurs d’items (omissions + intrusions) sont plus nombreuses que les erreurs d’ordre en modalité verbale. Les enfants sourds commettent significativement plus d’erreurs d’items que d’erreurs d’ordre alors que cette différence n’est pas significative chez les enfants entendants. Par ailleurs, le nombre d’erreurs d’omissions est significativement plus important pour les enfants sourds que pour les enfants entendants alors que cette différence est non significative pour les erreurs d’intrusions et d’ordre.

Ces résultats confirment bien un problème au plan des connaissances langagières pour les enfants sourds mais ne permettent pas de mettre nettement en évidence des difficultés dans le traitement et le stockage de l’ordre sériel.

URL de la noticehttp://okina.univ-angers.fr/publications/ua15900
DOI10.13140/RG.2.2.17402.90562
Lien vers le document en ligne

http://www.reseau-espe.fr/recherche/colloques-seminaires/de-la-connaissa...