Lire écrire sans compter…L’univers des chroniques : une fenêtre ouverte sur les pratiques littéraciées des « jeunes de banlieue

TitreLire écrire sans compter…L’univers des chroniques : une fenêtre ouverte sur les pratiques littéraciées des « jeunes de banlieue
Type de publicationChapitre
TypeOuvrage scientifique
AnnéeSous presse
LangueFrançais
Titre de l'ouvrageLittéracie et inclusion en contextes scolaires et extrascolaires : recherches et pratiques professionnelles dans divers milieux
AuteurBigot, Violaine , Maillard-De La Corte Gomez, Nadja
Editeur scientifiqueLafontaine, Lizanne, Messier, Geneviève
PaysCanada
EditeurPeisaj
VilleCôte Saint-Luc
Mots-cléschroniques, compétence langagière, facebook, Femmes, Jeunes, Littératies numériques, migration
Résumé en français

Les chroniques Facebook : une pratique littéraciée numérique extrascolaire Les « chroniques » sont des récits publiés par épisodes sur les réseaux sociaux (Facebook, notamment) dans lesquels de jeunes femmes (plus rarement de jeunes hommes) racontent la fin de leur adolescence et leur entrée dans la vie adulte. Ces écrits numériques ont commencé à apparaitre depuis une dizaine d’années; aujourd’hui plusieurs centaines de chroniques sont disponibles en ligne et peuvent fidéliser plusieurs milliers de lecteurs. Y sont abordées des thématiques relatives au genre autobiographique (amour, mort, amitié, liens familiaux...), et d’autres, plus liées à leur contexte de production (vie dans la « cité », expérience de la migration, séjours au « bled », chômage, transactions illicites, religion, etc.). Notre recherche se développe dans le cadre d’une réflexion sociolinguistique sur ce que ces chroniques sont susceptibles de nous apprendre au sujet de la « compétence de communication » (Hymes, 1984) de leurs autrices. Celles-ci se présentent comme des jeunes filles issues de l’immigration, résidant dans les périphéries de grandes villes françaises. De fait, elles appartiennent à une catégorie de la population dont les compétences de communication sont le plus souvent disqualifiées, et vues sous l’angle du déficit. Leurs pratiques langagières sont en outre principalement étudiées dans leur dimension orale, et leurs dimensions écrites passées sous silence. Dès lors, il semble extrêmement pertinent de s’intéresser aux chroniques dans ce qu’elles révèlent des compétences littéraciées de leurs autrices, compétences encore peu explorées, voire niées. Même si elles sont écrites dans une langue relativement éloignée des normes orthographiques et syntaxiques du français écrit « standard », elles témoignent par exemple de la maitrise des codes du genre « chroniques », tel qu’ils se sont construits en moins de dix ans de vie sur internet (Bigot Maillard Lambert, 2016). Elles s’inscrivent en outre dans le contexte des littéracies numériques, particulièrement intéressant à investiguer pour rendre compte de la diversité des pratiques langagières des jeunes aujourd’hui. Nous proposons de nous intéresser plus spécifiquement au rapport à l’écriture que développent les chroniqueuses dans leurs récits : quel discours y tiennent-elles sur leur « prise d’écriture », et sur cette pratique au long cours qu’est la rédaction d’une chronique? Si la frontière entre l’univers des chroniques et l’univers de l’école reste particulièrement étanche, il semble néanmoins intéressant d’étudier comment les chroniqueuses investissent cette pratique, afin que l’institution scolaire puisse connaitre – et reconnaitre – leurs compétences existantes en la matière, et sortir de représentations parfois stéréotypées sur les pratiques littéraciées des élèves

URL de la noticehttp://okina.univ-angers.fr/publications/ua17942