« jkiff !! en plus moi osi chuis une Z ! » Construction de la connivence et reconnaissance de la différence dans le dialogue entre les chroniqueuses et leurs lectrices

Titre« jkiff !! en plus moi osi chuis une Z ! » Construction de la connivence et reconnaissance de la différence dans le dialogue entre les chroniqueuses et leurs lectrices
Type de publicationArticle de revue
AuteurBigot, Violaine , Maillard-De La Corte Gomez, Nadja
Editeur scientifiqueAuzanneau, Michèle , Lambert, Patricia , Maillard-De La Corte Gomez, Nadja
PaysFrance
EditeurUniversité de Rouen
VilleRouen
TypeArticle scientifique dans une revue à comité de lecture
Année2017
LangueFrançais
DateJuillet 2017
Pagination111-135
Volume29
Titre de la revueGlottopol
ISSN1769-7425
Mots-cléscatégorisation, chroniques, différenciation langagière, espaces sociolinguistiques, littéracie numérique, parler jeunes, réseaux sociaux numériques
Résumé en français

Depuis le début de années 2010 sont mis en ligne, sur différents réseaux sociaux (notamment facebook), des récits autobiographiques, dont les auteurs se présentent généralement comme des jeunes filles vivant dans les quartiers périphériques des grandes villes. Ces chroniques, qui se comptent par centaines, fédèrent, pour les plus populaires d’entre elles, plusieurs dizaines de milliers de lecteurs (le plus souvent des lectrices).
La recherche que nous menons sur ces chroniques vise à contribuer à une meilleure (re)connaissance de la part  littéraciée des pratiques langagières des jeunes locuteurs. En effet, celle-ci constitue, comme le rappelle la présentation de ce numéro de Glottopol, « un angle mort de la sociolinguistique de la jeunesse » qui se focalise le plus souvent sur leur dimension orale, méconnaissant leur dimension écrite.
Dans cet article, nous nous intéressons plus particulièrement aux interactions qui se développent entre les chroniqueuses et leurs lectrices, notamment via les commentaires postés sous chaque épisode publié sur facebook.
Nous discutons dans une première partie de l’intérêt de travailler sur de telles données pour explorer des pratiques langagières de jeunes méconnues. Nous nous demandons ensuite dans quelle mesure ces dialogues entre autrices et lectrices relèvent des « paroles de jeunesse » auxquelles s’intéresse ce numéro de Glottopol. Nous étudions enfin des modes de construction de la relation interpersonnelle qui contribuent à fédérer les lectrices dans des communautés langagières dont la chroniqueuse constitue le centre.
Il s’agit certes d’un espace de dialogue entre « pairs » mais, pour autant, les différences (liées aux origines migratoires, à la religion, au lieu de résidence, au répertoire linguistique…) sont nombreuses et mises en scène par le jeu des affichages identitaires caractéristiques des réseaux sociaux. Nous voyons, à travers le jeu des catégorisations, que, avec et par-delà les différences, ce sont de multiples micro réseaux qui entrent en interaction les uns avec les autres et structurent, autour de la chroniqueuse, une communauté langagière ouverte, plus ou moins éphémère, mais soudée. Nous caractérisons aussi le travail intense de médiation à l’œuvre dans les échanges entre les autrices des chroniques et les lectrices pour garantir l’intercompréhension mutuelle, assouvir leur curiosité, leur envie de partager et d’étendre leurs ressources.

URL de la noticehttp://okina.univ-angers.fr/publications/ua17943
Lien vers le document

http://glottopol.univ-rouen.fr/numero_29.html#sommaire