Entendre la voix de l’enfant. À propos d’un moment ferenczien de la littérature française (Quignard, Sarraute, Bergounioux)

TitreEntendre la voix de l’enfant. À propos d’un moment ferenczien de la littérature française (Quignard, Sarraute, Bergounioux)
Type de publicationArticle de revue
AuteurSeurat, Alexandre
Editeur scientifiqueLévy-Bertherat, Déborah, Lévêque, Mathilde
PaysFrance
EditeurUniversity of Ghent
TypeArticle scientifique dans une revue à comité de lecture
Année2018
LangueFrançais
DateDécembre 2018
Volume17
Titre de la revueRevue critique de fixxion fançaise contemporaine
ISSN2033-7019
Mots-clésBergounioux, Enfance, Ferenczi, Psychanalyse, Quignard, Sarraute, traumatisme, voix
Résumé en français

À partir du début des années 1980, le changement d’époque littéraire se lie à une nouvelle idée de la voix enfantine : si Blanchot fondait sa pensée de la littérature dans l’idée d’un désastre originel, Quignard déplace la pensée de cette origine vers l’image d’une enfance blessée. De son côté, Enfance de Nathalie Sarraute, poursuivant une analyse des tropismes certes ancienne, va pour la première fois en chercher la racine dans l’enfance de l’auteur. Quoique très différente, l’œuvre de Pierre Bergounioux est également caractéristique de ce tournant, dans la mesure où elle tente de retrouver l’authenticité d’une parole enfantine, enfin libérée des malentendus et des poids générationnels. Il n’est pas anodin que cet appel de la littérature à entendre la “voix de l’enfant” ait lieu au moment même où sont redécouvertes, et traduites, les œuvres du psychanalyste Sandor Ferenczi. Le médecin hongrois, longtemps marginalisé en raison de ses positions hétérodoxes, invite en effet à une nouvelle écoute de la voix de l’enfant : balayant la fantasmatique freudienne ayant conduit à négliger la clinique des traumatismes, il met l’accent sur les blessures vécues par ceux qui ont été des “hôtes non bienvenus dans leur famille” ; soulignant les dommages causés par l’hypocrisie des adultes ou le “terrorisme de la souffrance” qu’ils mettent en œuvre, il montre comment les enfants sont contraints à des stratégies de défense catastrophiques, comme l’identification à l’agresseur ou la prématuration psychique, autant de notions qui peuvent éclairer obliquement les œuvres littéraires évoquées. Bien sûr il ne s’agit pas d’affirmer que la lecture de Ferenczi est à la source d’une nouvelle vision de l’enfance dans ces œuvres, mais plutôt de montrer comment la pensée – et la pratique – de la littérature se renouvelle en travaillant aux mêmes confins que la psychanalyse, tout en soulignant le caractère historique de la compréhension de ces confins.

URL de la noticehttp://okina.univ-angers.fr/publications/ua19231
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