Liberté, capitalisme, post démocratie

TitreLiberté, capitalisme, post démocratie
Type de publicationCommunication
TypeCommunication sans actes dans un congrès
Année2015
LangueFrançais
Date du colloque7-8/05/2015
Titre du colloqueCapitalisme et démocratie sont-ils compatibles ?
AuteurMary, Nicolas
PaysCanada
EditeurCentre d’Etude en Pensée Politique (CEPP)
VilleMontréal
Mots-cléscapitalisme, démocratie, post-démoncratie
Résumé en anglais

Après la chute de l’URSS, s’est imposée une doxa selon laquelle la convergence à l’échelle mondiale entre capitalisme et démocratie serait inéluctable. Pourtant, force est de constater qu’un tel postulat repose sur des fondations théoriques pour le moins précaires. La base de l’argumentation, développée notamment par Milton Friedman, est une sorte d’homologie entre liberté économique et liberté politique. Et ce serait parce qu’il garantit cette liberté économique que le capitalisme est une condition nécessaire à la liberté politique et à la démocratie.

Nous nous proposerions ici de monter qu’au contraire, dès lors que l’on accepte l’idée selon laquelle « la liberté économique est indispensable comme moyen d’obtenir la liberté politique » (Friedman, 1962), il nous faut conclure à une incompatibilité fondamentale entre le capitalisme et la démocratie…

Car, comme l’explique Frédéric Lordon, la seule liberté économique à laquelle le capitalisme permet d’accéder est celle, pour les uns, « d’utiliser les autres, [et pour les autres,] de se laisser utiliser par les uns comme moyens. »(Lordon, 2010)

Ensuite, parce qu’en dépit de « l’apparente aversion du libéralisme politique pour la concentration du pouvoir économique, […] le capital n’a cessé de se concentrer » (Coutrot, 2010). Marx avait déjà dénoncé ce qui est confirmé par les récents travaux de Thomas Piketty (Piketty, 2013).

Et parce qu’il aboutit à une concentration du pouvoir économique, le capitalisme tend à une concentration du pouvoir politique. Il ne peut donc s’accommoder que d’une démocratie purement formelle ; ce que Colin Crouch appelle une post démocratie, à savoir un système qui malgré sa façade démocratique, est dominé par des groupes d’intérêts et qui a abandonné sa capacité décisionnelle à des structures oligarchiques invisibles (Crouch, 2010).

URL de la noticehttp://okina.univ-angers.fr/publications/ua19794